Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Un oeil dans le rétroviseur - Page 4

  • Permettre l’émergence de l’IA en France

    La France doit réaffirmer sa souveraineté et définir un cadre de confiance pour l’utilisation de l’intelligence artificielle au bénéfice de ses citoyens, en tenant compte du cadre européen. La protection des données (en particulier, mais pas uniquement, des données personnelles des citoyens) est un enjeu critique : le partage d’information et de données est en effet un facteur clé de succès du développement des usages liés à l’intelligence artificielle mais ce partage de données fait aussi apparaître des risques importants en matière de protection de la vie privée et d’atteinte à la dignité humaine : risque de disparition de la vie privée du fait de la collecte massive de données personnelles, de la possibilité de « désanonymiser » certaines données, du profilage très poussé permis par l’apprentissage profond ; risque de perte de contrôle au profit des machines, etc. Pour prévenir ces risques, le traitement de ces données devra se faire en pleine adéquation avec les lois et règlements en vigueur, au niveau national comme européen. La France devra également être en mesure de définir des restrictions en matière de circulation des données lorsque les objectifs essentiels de politique publique le justifient. La rédaction de ces lois et règlements doit aussi s’appuyer sur une réflexion prospective qui reste à faire et qui demande une prise de conscience ainsi qu’une formation adaptée des acteurs du secteur législatif et juridique. Dans ce contexte, le principe d’autodétermination informationnelle introduit par la loi pour une République numérique apporte une maîtrise supplémentaire par chaque citoyen des données personnelles le concernant. Les dispositions de cette même loi sur la transparence des algorithmes publics ont des conséquences directes sur l’édification d’un climat de confiance relatif aux traitements des données réalisées par des algorithmes d’intelligence artificielle. L’information des citoyens sur l’usage de leur données prévu par la loi « informatique et libertés » et le nouveau règlement européen relatif aux données personnelles sont des éléments clés dans ce contexte. Mais il devra être envisagé d’aller plus loin encore en travaillant notamment au plan technique à la définition de solutions sécurisées et respectueuses de la vie privée par défaut (« privacy par design » et « security by design »), en renforçant la compréhension de ce que font réellement les systèmes reposant sur l’intelligence artificielle, et en améliorant la transparence sur les traitements réalisés par les systèmes intelligents. La définition et la mise en place de schéma de certification ou de validation du niveau de robustesse ou de fiabilité d’une “intelligence artificielle” constituent un objectif prépondérant en matière de renforcement de la confiance. Il ne pourra être atteint que par la mobilisation de l’ensemble des acteurs. La France doit par ailleurs se poser la question de sa souveraineté à l’aune de l’émergence de l’intelligence artificielle : cette nouvelle situation remet-elle en cause la capacité de la France à assurer la protection de ses objectifs essentiels ? La France maîtrise-t-elle seule ou en coopération au niveau européen les technologies clés de l’intelligence artificielle et les services associés sur l’ensemble de la chaîne de valeur ? Dispose-t-elle en son sein de l’ensemble des compétences pour assurer cette protection ? En matière de souveraineté et de sécurité nationale en effet, l’intelligence artificielle, comme la plupart des technologies du numérique, fait apparaître à la fois de nouvelles opportunités et de nouvelles menaces potentielles. L’IA met ainsi en évidence le risque de nouvelles dépendances économiques, vis-à-vis de détenteurs de certaines technologies critiques ou, ce qui est plus nouveau, de détenteurs de gros volumes de données. Le risque d’affaiblissement de notre souveraineté nationale du fait du développement de l’intelligence artificielle reste, à ce stade, appréhendé de façon assez générale et devrait faire l’objet d’investigations plus approfondies. Mais a contrario, l’intelligence artificielle apparaît comme une opportunité de moderniser les systèmes de protection et de défense des systèmes d’information en complément de l’expertise humaine. La détection de failles de sécurité, de fuites de données voire l’automatisation de certaines tâches de traitement d’incident par l’intelligence artificielle sont aujourd’hui devenues des réalités.

  • Des dépenses publiques élevées, des résultats insuffisants

    En France, les dépenses publiques sont un problème épineux que personne ne semble être en mesure de résoudre. Elles se sont ainsi élevées à 1 257 Md€ en 2016, dépassant de près de 30  % leur niveau de 2006, soit une progression annuelle moyenne de 2,5 % en valeur et 1,4 % en volume. Depuis 1982, les dépenses publiques rapportées au PIB ont augmenté de plus de 7 points, passant de 49,9 à 57,3 points de PIB en 2014 pour redescendre à 57 points en 2015 puis 56,2 en 2016. Cette évolution n’a été interrompue que durant de brèves périodes de forte progression du PIB. Même s’il convient de les interpréter avec prudence, les comparaisons avec les autres pays européens mettent en évidence une double singularité de la France. D'abord, un niveau de dépenses publiques plus élevé que la quasi-totalité de ses partenaires européens  : 56,2  points de PIB en 2016 en France, contre 46,6  points pour l’Union européenne et 47,7 points de PIB pour la zone euro. La France se situe 12  points au-dessus de l’Allemagne et 14 points au-dessus du Royaume-Uni. Ensuite, uune croissance de sa dépense publique qui ne s’infléchit pas  : alors que la plupart des États membres de l’Union européenne et de la zone euro ont sensiblement réduit la part de leurs dépenses publiques dans le PIB après la crise financière, tel n’est pas le cas pour la France et l’Italie. De surcroît, nombre d’études et d’évaluations réalisées par la Cour, des institutions de recherche ou des organismes internationaux montrent que le haut niveau de dépenses publiques en France ne s’accompagne pas nécessairement de résultats à la hauteur des efforts consentis. C’est par exemple le cas en matière de politiques du logement, de l’emploi ou d’éducation. C'est donc tout un système de dépenses qui est à revoir !

  • En parachute

    Lorsque j'ai avisé mes amis de mon intention de réaliser un saut en parachute, certains ont pris cela à la plaisanterie. A les écouter, j'étais un enfant refusant de grandir. Autant vous dire qu'ils n'auraient pas pu plus se tromper quant à ce que signifiait ce saut pour moi. Mais étant donné que je ne me décourage pas facilement, j'ai donc réalisé mon saut de l'ange contre vents et marées. C'était il y a quelques jours, du côté de Nice. L'expérience était certes fabuleuse, mais ce n'est pas de ce saut dont j'aimerais parler ici. Je voudrais revenir ici sur les raisons qui m'ont incité à faire ce grand saut, au cas où vous auriez la même réaction que les personnes susmentionnées. Contrairement à ce que vous pourriez croire, un saut en chute libre est un peu plus qu'un simple saut. S'il y a un truc dont je suis persuadé, c'est que, de nos jours, nous ne risquons plus assez. Rendez-vous compte. Durant des milliers d'années, l'homme a été sans cesse en danger. La nature lui était hostile et recelait de nombreuses menaces. Et ce sont ces épées de Damoclès qui ont au final rendu notre évolution possible. Le risque est pour nous bien plus qu'une source de désagrément : c'est un impératif. En effet, c'est grâce à lui que nous nous sentons plus forts. Quand nous le bravons et en ressortons indemne, nous prenons conscience de notre propre puissance et ressortons plus grands de ce combat. Nous atteignons ainsi de nouveaux sommets, et pour une raison bien simple : nous avons su nous dépasser. Du coup, si le risque est la condition essentielle de notre évolution, qu'en est-il de nos perspectives d'avenir dans une société où nous nous avons appris à nous libérer du risque ? A mon sens (mais cette opinion n'engage que moi), il n'a jamais été aussi important de nous soumettre nous-mêmes à des épreuves. Pour dépasser nos propres limites, encore et toujours. Et le risque à prendre n'a pas à être grand. Il peut s'agir de s'initier au surf, de s'essayer au quad, ou alors de sauter de 10 000 pieds... Je vous mets en lien le site où j'ai déniché ce baptême en tandem à Nice, pour ceux qui auraient envie de renouer avec leur instinct. Cliquez sur le lien pour en savoir plus sur ce saut en parachute.