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La bataille pour les droits humains

La bataille pour les droits humains n’est jamais définitivement gagnée, où que ce soit et à quelque époque que ce soit. La ligne de front bouge sans cesse, et nous ne devons jamais relâcher notre vigilance. Cela n’a peut-être jamais été aussi évident dans toute l’histoire des droits humains. Or, confrontés à des défis sans précédent aux quatre coins du monde, des femmes et des hommes montrent, encore et encore, qu’ils ont une soif de justice, de dignité et d’égalité que rien ne peut étancher. Ils continuent à exprimer leurs aspirations sous des formes audacieuses et renouvelées, quitte, souvent, à le payer très cher. Cette bataille mondiale des valeurs a atteint un nouveau seuil d’intensité en 2017. Les attaques contre les valeurs fondamentales qui sont à la base des droits humains – qui reconnaissent la dignité et l’égalité de toutes et de tous – ont pris des proportions considérables. Les conflits, alimentés par le commerce international des armes, continuent de faire un nombre de victimes civiles effrayant, souvent à dessein. Que ce soit dans la catastrophe humanitaire en cours au Yémen, exacerbée par le blocus imposé par l’Arabie saoudite, dans l’attitude des forces régulières et internationales déployées en Irak et en Syrie, qui ont tué aveuglément des civils utilisés comme boucliers humains par le groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique, ou dans les violations du droit international qui jettent sur les routes d’innombrables personnes originaires du Soudan du Sud, on constate que les parties aux multiples conflits qui déchirent la planète ne cherchent même plus, dans certains cas, à maintenir ne serait-ce qu’un semblant de respect des obligations qui sont les leurs en matière de protection des civils. Les dirigeants des pays les plus riches continuent d’adopter face à la crise planétaire des réfugiés une attitude qui allie l’esquive à l’inhumanité pure et simple, considérant les réfugiés non pas comme des êtres humains détenteurs de droits, mais comme des problèmes à éluder. La tentative du président américain Donald Trump d’interdire l’entrée aux États-Unis à tous les ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane, uniquement au motif de leur nationalité, était une action ouvertement haineuse. La plupart des dirigeants européens se sont refusés à relever concrètement le grand défi d’une régulation des mouvements migratoires à la fois légale et sans danger, et ils ont décidé que pratiquement tout leur était permis pour empêcher les réfugiés d’atteindre les côtes du continent. La manière scandaleuse dont sont traités les réfugiés en Libye, et dont les dirigeants européens ont parfaitement connaissance, illustre bien les conséquences inévitables d’une telle approche. En Europe comme en Afrique, le spectre de la haine et de la peur a plané sur toute une série d’élections importantes. En Autriche, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, certains candidats ont cherché à traduire les angoisses sociales et économiques en peur et en ressentiment, en particulier à l’égard des migrants, des réfugiés et des minorités religieuses. Au Kenya, les élections présidentielles d’août et d’octobre ont été entachées d’actes d’intimidation et de violence, fondés notamment sur l’identité ethnique.

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